
Cette
étude s'est concrétisée par la
publication d'un ouvrage
Renaître orphelin. D'une réalité méconnue à une reconnaissance sociale.
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Les
orphelins existent-ils encore en France ?
Bibliographie
Formalités
administratives
Les orphelins
existent-ils encore en France ?
haut
Le concept de mort dans nos sociétés modernes
Notre
société, comme tous
les pays développés, a vu régresser
toutes les grandes causes de mortalité
(épidémies,
guerres, ...) et côtoie
la vie avec de grandes interrogations existentielles ("l'éternelle
jeunesse en alerte constante" ou "le
légume miracle
anti-cancer"). Avec
beaucoup de soins, nous refoulons l'avancée de
l'âge - et son corollaire inéluctable - notre
propre fin. Déni de la mort,
surinvestissement du sexe, serait-on face à un transvasement
des tabous ? Se
sentir dans le plaisir de la vie, encore et toujours, sans contraintes,
sans
limitations, sans frustrations ...
Maxime philosophique à méditer = "Notre condition d'humain - normalement conscient de sa destinée mortelle - s'en trouve ainsi profondément modifiée."
Vivre
un deuil aujourd'hui se révèle une
épreuve fort difficile. Car le soutien manque,
par peur de se montrer maladroit, gênant - mais
avant tout par crainte de partager
ces premiers temps de souffrance, vide intérieur effrayant.
Les personnes
endeuillées se voient coupées de la
société, mises à l'écart,
avec
l'injonction de revenir parmi nos concitoyens rassurés
lorsque leur travail d'acceptation
de la perte sera dûment accompli et
réussi. Quelle serait donc cette terrible action
mentale qui consisterait à effacer l'Amour
au-delà de la mort ?
Dans ce contexte de
désintérêt
général, que sait-on encore des veuves et des
orphelins ?
Orphelin : Une réalité sociale minoritaire mais non exceptionnelle.
Des maladies
orphelines aux "Les
orphelins de 16h" - traqués
par
notre haute présidence - ou "Les
nouveaux orphelins "
ou encore "tous
les orphelins de la société
":
les orphelins paraissent nombreux, dans un vocabulaire qui les trahit
...
Pourtant
l'Association des
Orphelins de la Police Nationale nous rappelle
que certaines professions en France sont davantage exposées
aux risques de mortalité
précoce et violente. Parmi les vocations à
l'avant du danger, les pompiers payent
aussi leur tribut fatal : l'Oeuvre
des Pupilles Orphelins
assiste les familles endeuillées et souligne que les cas
augmentent chaque
année.
L'image d'Épinal de l'enfant
orphelin - gamin des rues, sans abri ni protection - nous renvoie
désormais à
Oliver Twist.
Ce manque d'intérêt se traduit par le peu d'études psychologiques menées en France sur les enfants endeuillés. Michel HANUS, récemment décédé, fait figure de notable exception. Ses travaux s'appuyèrent sur les principales références anglo-saxonnes (avec, entre autres, les travaux de J. BOWLBY) et s'associèrent souvent aux chercheurs belges ou québécois.
Est-ce
pour autant
qu'il faille ignorer définitivement
les enfants du deuil, subissant ce qui reste toujours un
évènement
social, dans un pays qui s'enorgueillit
de son dispositif de protection sociale (30, 7% de son PIB en 2006),
notamment en faveur des plus modestes ?
Comment expliquer que la dernière grande étude sur ces enfants date de 1947 ( Léon TABAH - « Évolution du nombre des orphelins en France », Population, n° 1, Ined, 1947) ? Pourquoi l'INED, le plus important Institut d'Études Démographiques au monde, habitué à décortiquer les plus infimes perspectives socio-économiques, "oublie" cet aspect de notre société ?
Un nombre approximatif d'enfants orphelins
En 2003, A.
MONNIER et S. PENNEC,
deux
chercheurs
démographes, se penchèrent sur ce sujet
ignoré,
reconnaissants le désintérêt collectif
pour cette
catégorie
d'enfants. Ils établirent une estimation = Ainsi,
les orphelins seraient 500
000, soient 3%*
des jeunes <
21 ans.
La conclusion des démographes : ces approximations se révèlent trop élevées .... et socialement très disproportionnées.
Les orphelins de père sont toujours majoritaires. Les enfants d'ouvriers ou de personnes inactives seront 2 à 3 fois plus nombreux ...
Les démographes de l'étude citée estiment que ces taux ont atteint un minimum et augmenteront à nouveau dans un avenir proche ... Encore faudrait-il pouvoir quantifier ces risques.
Pourquoi, de nos jours, défendre la veuve et l'orphelin ?
De
tout
temps, la veuve et son enfant, symboles de drame, de
sacrifice ou de
faiblesse, furent portés au devant des
préoccupations. Que d'autres réalités
problématiques aient émergé ne doit
gommer la multiplicité de notre
société que beaucoup revendique comme
plurielle.
Perdre
un conjoint avec qui l'avenir se forgeait casse une vie en deux. Mais
surtout
annonce des années de galère pour assumer seul(e)
ce qui se partageait en
couple.
En 1939, un biologiste A. LOTKA écrivait : "La dissolution de familles résultant de la mort de l'un ou l'autre des parents, ou de tous deux, est un problème sociologique et économique de première importance." Trois quarts de siècle plus tard, les choses ont-elles évoluées ?
Voir disparaître un père, une mère lorsqu'on est enfant inflige une blessure affective durable. Mais la suite se révèle souvent plus traumatique que la perte en elle-même : voir son parent survivant dériver ou accomplir des exploits quotidiens pour tout mener, subir le regard apitoyé ou mesquin des autres, changer sa vie du jour au lendemain, etc.
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Le choc originel : de
la violence du décès à la solitude
précoce.
Fatalité ... dites-vous ?
Que le décès soit l'échéance d'une longue maladie ou le choc soudain d'un accident, la jeunesse du défunt devient synonyme d'une cassure violente, profondément injuste. Lorsqu'il s'agit d'un suicide, le traumatisme subi par l'entourage se hisse à la hauteur du geste : radical, incompréhensible. Il faudra beaucoup de temps et un immense travail sur soi pour apaiser la violence des émotions, admettre et pardonner.
Le moment critique des obsèques
Le corps de l'être aimé figé dans l'éternité, la vie reprend ses exigences, dans une obscurité radicale. La semaine suivant le décès se déroule dans une semi conscience des évènements. Les obsèques doivent pourtant s'organiser rapidement pour se dérouler dans les 1 à 6 jours réglementaires. Cette cérémonie exige un budget conséquent, immédiat, imprévu.
Le jour même dessine une singulière épreuve où les émotions les plus fortes se succèdent. L'enterrement réalisé dans la compréhension et la solidarité familiale pourra alors redonner un semblant de sens à cette mort trop tôt survenue.
Et ensuite .... ? Le deuil, temps infini ?
S'ouvre alors le temps du deuil, temps de grande vulnérabilité morale et physique, d'une douleur intensément nécessaire. Cependant, face aux urgences des premières semaines, le deuil peut se voir mis de côté. Il ressurgira plus tard, avec souvent une violence dommageable.
Les
formalités
s'imposent, un parcours administratif lourd à
gérer.
Formalités
administratives
Quelles conséquences immédiates doit-on calculer ? Déménager ? Retravailler ? Quels droits peuvent-ils s'ouvrir en compensation ?
La famille et les amis répondent-ils présents - sans être envahissants - pour seconder le parent survivant, dans cette période obscure ?
Et les enfants ?
Les enfants entrent dans une période de fortes angoisses où ils ont besoin d'être écoutés, rassurés, aimés. Perdus dans une histoire qu'ils ne comprennent pas, ils s'accrochent à celui qui reste. L'avenir de leur deuil dépendra essentiellement des réactions du parent survivant.
Parfois, il est souhaitable que les enfants soient pris - dans les premiers temps - en charge par des tiers (famille, amis) ou placés en foyer à l'Aide Sociale à l'Enfance.
La solitude ... Trop jeune.
La cellule familiale dissoute, tous les projets d'un avenir commun annulés, il faut recomposer - seul(e)s -.un canevas tissant vers demain des fils suffisamment stimulants pour enfiler les jours.
Dans 40% des veuvages précoces, l'évènement se produit avant 40 ans. Cette jeunesse représente à la fois une force (physiquement parlant) et une faiblesse (morale). Nombreux sont les veufs/veuves déclarant une maladie grave dans l'année du deuil.
Tout repose sur le parent survivant, une charge morale et nerveuse qui peut se révéler très lourde.
Au sortir du décès du père/ de la mère, le parent survivant reste seul avec les enfants. Cette situation se classe aujourd'hui dans la catégorie "Famille Monoparentale". Est-ce vraiment une réalité comparable aux effets du divorce ?
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D'un parent seul au parent isolé
83%
des
orphelins vivraient uniquement avec le parent survivant, soit 10% de
l'ensemble des enfants
de familles monoparentales. Voilà qui n'est pas
négligeable !
Désormais
les veufs/veuves précoces
sont placés au même rang que les
célibataires et les divorcés et en
partagent nombre de difficultés.
Cependant, cette réalité socio-démographique affiche une problématique propre qui dicte une prise en charge spécifique.
Cette reconnaissance de la situation de veuvage précoce a été préconisée dans une étude commanditée par la CNAF.
A ce jour, on dénombre 420 000 veufs de moins de 55 ans et
chaque année, ils
sont environ 30 000 supplémentaires.
Une situation que défend activement la FAVEC.
L'École : un enjeu essentiel
L'école représente souvent un
refuge à
l'enfant endeuillé. Il y retrouve ses
repères, ses amis, le calme d'avant la tempête,
une vie allégée. Pourtant,
de
nombreux facteurs viennent généralement tout
fausser (professeurs "maladroits",
exclusion, réflexions
vexatoires, impression de ne plus "être comme les
autres", dévalorisation, changement d'école
...)
De nouvelles études alourdissent le constat. Devenir orphelin est « un risque social qui peut modifier la destinée d’un individu » affirme Nathalie Blanpain dans son étude "Perdre un parent pendant l’enfance : quels effets sur le parcours scolaire, professionnel, familial et sur la santé à l’âge adulte?", DREES, 2008.
Des ados à la dérive...?
Les sociologues pointent du doigt la corrélation entre les
taux de délinquance et
le jeune élevé en famille monoparentale (CHAMBAZ,
HERPIN).
Qu'en est-il de l'orphelin, le plus souvent en manque de père ? En quoi le risque de précarité économique de la famille endeuillée peut-il intervenir ?
Certains
spécialistes soulignent les risques majorés de
troubles
psychologiques, dépressifs, les tentatives de suicide, les
dépendances
addictives (drogue, etc.), des individus ayant subi
une "perte précoce".
Cependant, les études psychosociales s'opposent. Certaines affirment qu'il n'en est rien, les orphelins restent dans la moyenne générale.
Qui croire ?
Les
orphelins développent souvent une force morale
supérieure à l'enfant ayant ces
deux parents, ensemble ou non.
Encore faut-il que le traumatisme, les déséquilibres familial et affectif aient été dépassé ... que la reconstruction familiale ait suivi une route harmonieuse ...
Les dérives surviennent généralement lorsque l'enfance baigne dans un cadre de vie difficile. La situation financière de la famille après deuil, si elle s'enfonce vers la précarité, signe-t-elle l'entrée en zone dangereuse ?
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Les
formalités administratives
La veuve et l' orphelin méritent
une "REconnaissance " sur la scène nationale.
Prendre en compte la spécificité du veuvage et de l'orphelinage nécessite de : multiplier les actions de reconnaissance ... de mesurer l'aide à apporter ...
de repenser la politique sociale en faveur des endeuillés, l'aide immédiate après un décès, l'aide administrative auprès des organismes, l'aide au quotidien ...

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directement poussiere.dencre@free.fr

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